Fernando Marzal : « Les métiers d’autrefois, comme plombier ou électricien, sont les métiers de l’avenir »

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En Espagne, une jeune entreprise mise sur les métiers manuels pour répondre aux besoins des employeurs face à la montée de l’IA.

Publié le 31 juillet 2026, l’article du journal en ligne espagnol El Español rapporte les propos de Fernando Marzal, fondateur de Kämpe. Pour lui, les professions de plombier, d’électricien ou de technicien en climatisation offrent une voie durable vers l’emploi, car elles reposent sur des interventions concrètes sur le terrain.

Des métiers manuels présentés comme une réponse à l’IA

Les métiers techniques ont longtemps souffert d’une image moins valorisée que les études supérieures ou les professions du numérique. Fernando Marzal défend une vision inverse. Il estime que des activités autrefois considérées comme traditionnelles retrouvent une place centrale sur le marché de l’emploi.

« Les métiers d’autrefois, comme plombier ou électricien, sont les métiers de l’avenir », affirme Fernando Marzal.

Son raisonnement repose sur la nature même de ces emplois. Réparer une fuite, installer un tableau électrique, raccorder un équipement ou intervenir sur un système de climatisation demandent une présence physique, un diagnostic sur place et une adaptation aux contraintes de chaque chantier.

Le fondateur de Kämpe y voit une alternative professionnelle face au développement rapide des outils d’IA. « Le secteur des métiers est la véritable alternative à l’intelligence artificielle. Ils ne vont pas encore être remplacés par l’IA », assure-t-il.

Cette position ne signifie pas que les artisans et techniciens resteraient à l’écart des outils numériques. Un professionnel peut utiliser un logiciel pour organiser ses rendez-vous, produire un devis ou suivre ses interventions. Le travail manuel, lui, reste lié à une action concrète : observer une installation, manipuler des matériaux, respecter les règles de sécurité et résoudre un problème parfois imprévu.

Kämpe remet le modèle de l’apprenti au centre

Fernando Marzal a créé Kämpe autour d’un principe : faciliter l’accès rapide aux entreprises pour des personnes qui ne disposent pas nécessairement d’une expérience préalable en électricité, en plomberie ou en climatisation.

La structure propose une formation pratique à distance et des parcours intensifs. L’objectif est de reprendre l’idée traditionnelle de l’apprentissage, avec une formation pensée à partir des besoins immédiats des employeurs.

Kämpe consulte d’abord les entreprises afin d’identifier les compétences minimales attendues d’une personne qui arrive comme aide sur un chantier ou dans une équipe technique.

Selon Fernando Marzal, les participants suivent une formation d’un mois à un mois et demi. À l’issue de ce parcours, ils doivent pouvoir intégrer directement une entreprise comme assistants. La jeune entreprise prévoit aussi un accompagnement dans les démarches liées aux certifications du ministère espagnol de l’Industrie, puis pendant la poursuite de la formation une fois l’emploi obtenu.

Le modèle défendu ne se fonde donc pas principalement sur une période de stage. « Notre modèle ne repose pas sur des stages. Il repose sur le fait de commencer directement à travailler, d’avoir une fiche de paie », précise le fondateur de Kämpe.

  • Une formation concentrée sur les gestes et savoirs utiles au poste visé ;
  • Un échange préalable avec les entreprises qui recrutent ;
  • Une entrée directe dans l’emploi comme aide professionnel ;
  • Un accompagnement pour les certifications espagnoles concernées ;
  • Un paiement de la formation après l’obtention d’un emploi dans le secteur.

Un dispositif tourné vers les moins de 35 ans

Les personnes de moins de 35 ans sont aujourd’hui les principales participantes aux formations de Kämpe. Fernando Marzal indique aussi accueillir des profils déjà diplômés dans des domaines éloignés des métiers techniques, comme l’informatique, le marketing ou les soins infirmiers.

Cette diversité montre que la reconversion ne concerne pas seulement les personnes sans diplôme. Elle peut aussi intéresser des actifs qui cherchent une activité davantage tournée vers le terrain, avec des besoins de recrutement identifiés par les entreprises.

En trois ans d’existence, Kämpe a signé des accords avec 700 entreprises et formé plus de 1 500 personnes, selon les informations rapportées par El Español. La structure vise 2 500 personnes formées d’ici à la fin de l’année 2026.

La situation en France

En France, les métiers du bâtiment et de l’équipement technique disposent eux aussi de voies de formation professionnalisantes. L’apprentissage et l’alternance permettent notamment d’acquérir une qualification tout en travaillant dans une entreprise. Les diplômes professionnels, comme le certificat d’aptitude professionnelle, figurent parmi les parcours connus pour accéder aux métiers de plombier, chauffagiste ou électricien.

Le système français repose sur des cadres différents de ceux présentés par Kämpe en Espagne. Les activités artisanales liées au bâtiment exigent en particulier le respect de règles de qualification et de sécurité. L’électricité implique par exemple des risques sérieux : électrisation, incendie, détérioration des équipements ou non-conformité d’une installation.

Pour un salarié débutant, l’encadrement par un professionnel expérimenté joue un rôle concret. Il permet d’apprendre à utiliser les outils adaptés, à lire les informations techniques et à appliquer les procédures de prévention sur un chantier. Dans ces professions, l’autonomie s’acquiert progressivement.

Pourquoi les interventions sur site restent particulières

L’IA peut produire un document, aider à rédiger un message ou traiter des données. Elle ne remplace pas, à elle seule, l’intervention d’une personne devant une canalisation inaccessible, un appareil en panne ou une installation électrique ancienne.

Le plombier doit souvent localiser l’origine d’un problème avant de choisir une réparation. L’électricien doit identifier les caractéristiques d’une installation et vérifier les conditions de sécurité avant toute intervention. Ces missions combinent compétences techniques, dextérité, responsabilité et dialogue avec le client.

Les outils numériques peuvent aussi devenir un appui pour ces métiers. Ils peuvent aider à préparer une intervention, consulter une notice technique ou organiser le suivi d’un chantier. Ils ne dispensent pas de maîtriser les gestes professionnels ni de connaître les règles applicables aux équipements.

Fernando Marzal pousse cette logique jusqu’aux emplois de début de carrière dans les secteurs intellectuels. « Qui va embaucher un programmeur ou un avocat débutant quand une IA peut faire la même chose ? », interroge-t-il. Cette affirmation reflète son analyse du marché du travail et son choix de promouvoir les formations techniques orientées vers l’emploi direct.


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